Genocidal Organ, tome 1, Project Itoh & Gatô Asô

Une troupe d’élite américaine est envoyée pour tuer un haut responsable. Mais certains membres finissent par se poser des questions. Et tout ne se déroule pas comme prévu. Le chef de la mission, Clavis Shepherd, est de plus en plus envahi par des visions macabres.

Un début morbide, mais réussi

On est mis dans l’ambiance dès les premières pages. Dès le premier dessin. Clavis Shepherd est dans le noir. Et il y restera. D’ailleurs, peut-être cela vaut-il mieux. Car, quand la lumière se fait, il est entouré de cadavres en décomposition. Il marche littéralement au milieu de corps. Ensanglantés. Incomplets. Mais ce n’était qu’un rêve. Cet Américain est un fait le chef d’un groupe d’exception, appartenant au Département I. Les membres de cette section sont spécialement choisis et préparés pour tuer sans se poser de question. Ils ne doivent en aucun cas se laisser envahir par le doute. Aucune remise en question n’est possible pour que les missions soient correctement effectuées. Car elles sont terriblement dangereuses. Mais primordiales.

Qui a raison ?

Vraiment ? Car le but de ces incursions en terres étrangères est de tuer des personnes réputées nocives pour le pays et le monde. En les éliminant, les quatre hommes, avec leurs visages d’anges et leur mentons fiers, sont censés protéger les sociétés stables et respectueuses des droits de l’homme. Pourtant, comme le fait remarquer un personnage, voilà des mois, voire des années que cette section opère et le monde est-il meilleur ? Pas si sûr. La géopolitique n’est pas faite que de blanc ou de noir. Le gris est la teinte la plus répandue. Et Clavis commence à s’en rendre compte.

Un personnage en plein questionnement

Comme le montre la scène d’ouverture terriblement marquante et efficace, ce jeune « héros » se met à douter de l’intérêt de ses missions, de son rôle exact. C’est plus l’accumulation des cadavres, des morts, plus ou moins horribles, qui domine à présent. Sa mère, défunte, le guide dans son voyage entre les mondes : celui des vivants et celui des disparus. Ces questions vont venir progressivement perturber une mécanique fluide. Et Clavis ne semble pas le seul à montrer des signes de raté. Alex, un autre membre du commando, agit de façon étonnante. De quoi tout cela est-il le signe ? Il va me falloir lire la suite pour le découvrir.

Pourquoi je les ai tués ? Je… je n’en sais rien…

Un monde noir

Le scénario est l’œuvre d’un auteur que j’ai découvert grâce à La Machine à indifférence, la belle anthologie parue en 2021 à l’Atelier Akatombo. Dans la nouvelle éponyme, on était déjà en pleine guerre, épaulée par la technologie. Project Itoh, de son vrai nom Satoshi Itô, mort jeune (34 ans) en 2009, semblait préoccupé par ces monceaux de cadavres, cette mort omniprésente. Son cancer y était peut-être pour quelque chose.

Genocidal Organ est une trilogie, entièrement publiée, ce qui est sécurisant quand on commence la lecture d’une série. J’ai apprécié la lecture de ce premier volume, sombre et envoûtant à la fois. Même si j’ai été un peu gêné par le dessin des visages, au début (avec les casques, j’avais un mal fou à différencier les quatre membres de l’équipe d’intervention), j’ai vite apprécié l’efficacité des cadrages, le dynamisme des scènes d’action, le découpage des planches. Entre le manga (pour l’utilisation des traits) et la B.D. européenne pour les visages, peut-être. En tout cas, je vais de ce pas lire le deuxième volume. Histoire de comprendre ce qui se passe dans ces têtes, dans ce monde noir.

Présentation de l’éditeur : Les États-Unis parachutent le capitaine Clavis Shepherd et ses hommes dans les Balkans. Appartenant au Détachement I, un groupe d’intervention placé sous la direction des forces de renseignement, ils ont pour mission de retrouver et d’éliminer un de leurs compatriotes qui se serait rendu coupable de crimes de guerre…

Pika, collection « Pika Seinen » – 13 mars 2019 (Scénario : Project Itoh – Dessin : Gatô Asô – traduction du japonais : Jean-Benoît Silvestre –Gyakusatsu Kikan (2016)– 162 pages – 7,50 euros / numérique : 4,49 euros)

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