Olangar. Une cité en flammes, Clément BOUHÉLIER

Olangar semblait en paix. Plus juste après les révoltes de la classe ouvrière guidée par les nains. Plus sûre après la disparition du danger venu de l’intérieur. Chacun était retourné à sa vie. Mais une menace sournoise et terrible pèse à nouveau sur Olangar. Et cette fois-ci, pas sûr qu’elle s’en sorte intacte !

On prend les mêmes et on recommence ?

Evyna, Torgend, Baldek : des noms qui résonnent dans l’esprit de qui a lu et aimé Bans et barricades (c’est mon cas, comme je l’ai écrit ici et ici). Nous les avons laissés meurtris et séparés. D’où la joie de les redécouvrir dans ce nouveau récit de la saga d’Olangar. Tous ? Non. L’un d’entre eux déserte ces pages. Baldek laisse la place à Kalin et Nockis, deux autres nains qui ont participé activement aux révoltes passées. Mais qui se sont encroûtés dans leur nouvelle vie. Nockis, resté au contact des ouvriers, trouve que Kalin s’est embourgeoisé et se perd dans des intrigues de palais. Cependant, ils vont rapidement devoir faire taire leurs différents : une menace pèse sur la ville. Les ZEF, ces zones franches économiques où les propriétaires peuvent faire ce qu’ils veulent, sans aucun contrôle, ont ouvert la porte à des excès. Et l’une d’entre elles, celle de Lorkhil, attise toutes les inquiétudes. Ajoutons à cela la poussée des elfes qui, suite à des morts suspectes, s’unissent derrière un leader avide de revanche contre les humains. Et des orcs qui sont embauchés pour une mystérieuse mission. Cela fait trop et Evyna, devenue dirigeante de son royaume, ne peut rester les bras croisées. D’autant qu’un attentat touche son territoire d’atroce façon.

Il avait tant détesté cette ville. Il la détestait toujours.

Une intrigue toujours aussi prenante

Pour tout dire, quand j’aborde une suite, je suis partagé entre enthousiasme et crainte : enthousiasme de retrouver des personnages que j’ai appréciés et un monde qui m’a accueilli ; crainte de ne découvrir qu’une pâle copie décevante du volume précédent. Mais ici, dès les premières pages (et cela s’est confirmé tout au long de ma lecture), toute crainte a disparu au profit d’une joie pleine de reconnaissance envers Clément Bouhélier pour la qualité de ses intrigues. Une fois encore, il parvient à tresser de nombreuses histoires, mettant en scène des personnages déjà vus dans Bans et barricades, mais aussi de petits nouveaux. Et tout cela avec une rigueur extraordinaire. Ce qui fait que peu à peu, on comprend les liens qui unissent tous ces fils. Et on découvre avec stupéfaction la vue d’ensemble qui a été dessinée par petites touches, au fur et à mesure de l’avancée du récit. C’est vraiment de la belle ouvrage ! À la fin d’Une Cité en flammes, on ne se dit pas : « Pourquoi tout cela ? », ni « Tout ça pour ça ! ». On sort bouche bée et essoufflé par la série d’aventures parfois ébouriffantes, parfois épiques dans lesquelles se trouvent embarqués les personnages principaux.

Une variété de tons

Car une des forces de cet auteur, c’est sa capacité à alterner des moments intimes avec des portes ouvertes sur l’âme de ses personnage, sur leurs doutes, leurs envies, et des moments d’une force digne de grands films hollywoodiens, avec mouvements de troupes et explosions grandioses. Et tout cela avec le même succès, la même réussite. Et cette alternance permet au livre (assez long en nombre de pages) d’être un redoutable page turner dans lequel je ne me suis pas ennuyé une minute. Elle permet également de découvrir plus encore les héros dont nous suivons les aventures, de les rendre plus denses et plus proches de nous. Tout en nous abreuvant de scènes de combats rudement bien menées, car on s’y retrouve et on comprend qui fait quoi, ce qui n’est pas toujours évident pour moi qui ai parfois du mal à me représenter spatialement ces moments plus complexes. Clément Bouhélier gère le spectaculaire comme le normal avec le même talent, la même maitrise.

Vous l’aurez compris, je ressors plein d’enthousiasme de ma lecture d’Une cité en flammes. Ce roman fait partie de ces récits qui vous prennent aux tripes dès les premières pages et ne vous lâchent qu’une fois la dernière ligne lue. Heureusement, il me reste un dernier tome à découvrir, Le Combat des ombres (paru voilà quelques semaines). Sans quoi, j’aurais éprouvé de la tristesse à laisser partir définitivement Evyna, Keiv, Torgend, Ergan… et Baldek.

Présentation de l’éditeur : La menace d’une nouvelle guerre gronde aux portes d’Olangar. Furieux de la pollution qui touche leur fleuve sacré, les elfes sont sur le pied de guerre. La Chancellerie charge deux nains, Kalin et Nockis, de trouver les preuves qui permettraient de maintenir la paix. Pendant ce temps, dans l’arrière-pays, d’insaisissables incendiaires frappent au hasard, ne laissant dans leur sillage que des cadavres brûlés. Quand la province d’Enguerrand est frappée à son tour, la jeune suzeraine Evyna n’a d’autre choix que de revenir à la capitale pour mener l’enquête et arrêter les tueurs. Elle ignore que, très loin de là, son ancien compagnon d’armes, l’elfe Torgend, a décidé de quitter son exil forcé sur le continent des orcs et de regagner lui aussi le royaume.

Critic – 18 juin 2020 (roman inédit– 667 pages – 24 euros) / poche : Le Livre de poche – 19 mai 2021 (856 pages – 10,40 euros) / numérique : 9,99 euros

D’autres lectures : Apophis, Célinedanaë, Le Chien critique, Boudicca, Dionysos, Dup, Ombre Bones,

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