Olangar. Bans et barricades 2, Clément BOUHÉLIER

Pendant que Baldek poursuit ses manœuvres pour obtenir de meilleures conditions de vie pour les ouvriers (les nains, essentiellement), Evyna et Torgend se dirigent vers la cité du fer, Frontenac, afin de comprendre réellement ce qui est arrivé au frère de la jeune femme en rencontrant un de ses anciens compagnons. Mais leurs ennemis ne vont pas les laisser en paix.

Un rythme sans fausse note

Le roman est long, puisqu’il est composé de deux tomes denses (je sais, je sais, on a vu pire, mais on atteint presque les 900 pages, ce qui n’est pas mal). Mais, à aucun moment, on ne le ressent. Et ce n’est pas uniquement dû au fait qu’il est coupé en deux livres : d’ailleurs, cette coupure pourrait être une gêne, car il n’est pas toujours facile de démarrer un ouvrage. Ici, le problème ne se pose pas : avec talent, l’auteur sait nous mener du début à la fin de l’intrigue sans fausse note, avec de multiples fausses pistes ou mystères dont on attend avec impatience la résolution. Et tout cela, sans facilités ou autres trucs qui remplissent des pages de façon artificielle. Les évènements ont de bonnes raisons d’être : on les trouve dans les motivations des personnages.

Des personnages qui montent en puissance

Comme je l’avais écrit dans la chronique traitant de la première partie de ce roman (ici), les personnages ont une épaisseur certaine, une densité qui nous pousse à les croire vivants et à ne pas se poser de questions quant à la puissance de leurs choix. Ils ont des sentiments, ils ont des faiblesses, ils ont des peurs. Ils paraissent tellement humains qu’il est facile d’entrer dans leur peau, de vivre avec eux. Et donc, il est naturel de suivre leurs périples, y compris dans des endroits aussi dangereux que Fronterac ou que le désert. Ce deuxième volume, au lieu de montrer un essoufflement possible, renouvelle certaines quêtes et voit des changements logiques dans les rapports entre les différents protagonistes. Celle ou celui qui flanchait a repris du poil de la bête au détriment d’un autre, affaibli par une épreuve morale ou physique particulièrement dure.

Un cadre en béton

Et toutes ces actions se déroulent dans un décor digne des meilleures parties de jeu de rôle : tout y semble pensé pour tenir son rôle de façon logique et naturelle. Depuis le début, Clément Bouhélier tient son sujet, ses intrigues, son monde. C’est cette maitrise qui m’a agréablement impressionné, car on sent qu’il ne va aps se laisser aller à des digressions gratuites et sans réel intérêt. Les pistes proposées serviront, les personnages auront un rôle, les lieux décrits tiendront leur place. Et, comme déjà dit également, Bans et barricades n’est pas qu’un simple roman d’aventures. Il propose aussi une vision du monde, des rapports entre les différents groupes, les différentes classes sociales, les races. Il s’interroge sur les choix que des individus peuvent être amenés à faire devant des circonstances spéciales : mettre sa propre vie en danger ; mettre en danger celle d’autres personnes, qui n’ont pas forcément pu donner leur avis, voire qui sont complètement étrangères au problème ; décider, seul, d’orientations qui impliqueront des centaines, voire des milliers d’individus. Des questionnements profonds, traités avec une certaine finesse.

La découverte de Bans et barricades a été pour moi une très agréable surprise tant Clément Bouhélier a su m’intégrer, instantanément et pour toute la durée de l’histoire, dans son univers. J’ai immédiatement pris fait et cause pour ses personnages et ai attendu avec inquiétude la résolution des diverses péripéties. Sans hésitation, je vais m’attaquer au volume suivant de cette saga : Une cité en flammes.

Présentation de l’éditeur : « Libéré, l’orc poussa un hurlement sauvage. Quelque chose qui rappela à l’ancien lef les cris de guerre des Peaux-Vertes lors de la bataille de l’oq. » À Olangar, le combat des nains a laissé des traces sanglantes dans le quartier portuaire. D’âpres négociations s’ensuivent tandis que les candidats à la Chancellerie multiplient les manœuvres politiques et les coups bas pour l’emporter. Pour mener à bien la lutte des ouvriers et contrer les agissements du clan de Malberg, le nain Baldek est obligé d’avancer masqué. Il entame un jeu dangereux avec ses ennemis directs, comme avec ses alliés les plus loyaux. Pendant ce temps, loin de la capitale, Evyna et Torgend débarquent à Frontenac pour y trouver Stej Lombor, un ancien ami d’Andréan d’Enguerrand. Dans la chaleur étouffante et la cacophonie permanente de la Ville de Fer, la sœur meurtrie et l’elfe découvrent une vérité terrifiante. Séparés au gré des épreuves, confrontés aux plaines arides de l’oydimörk, ils sont forcés de nouer une alliance contre nature pour venger enfin le frère d’Evyna et mettre au jour le complot qui menace le royaume.

Critic – septembre 2018 (roman inédit– 494 pages – 22 euros) / poche : Le Livre de poche – 16 juillet 2020 (624 pages – 8,90 euros) / numérique : 7,99 euros

D’autres lectures : Apophis, CélineDanaë (Au pays des cave trolls), Boudicca (Le Bibliocosme), Ombre Bones, Lecture 451, Mondes de poche,

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