Le Magicien quantique, Derek KÜNSKEN

Un homme aux capacités au-delà des normes humaines, Belisarius Arjona, un homme quantique (homo quantus) engage une bande d’êtres tous plus étranges ou barrés les uns que les autres pour organiser le casse du siècle. Leur tâche : permettre à une flotte militaire de passer par un trou de ver ennemi. Mission en principe impossible. Mais l’est-ce vraiment pour ce maître des possibles ? Et avec quelles conséquences ?

Un Ocean’s quantique

Cette série (car Le Magicien quantique est le premier d’une série qui en compte trois à ce jour) met en scène un homme quantique. Quézaco ? En cette époque avancée, on tripatouille les espèces et on en crée certaines, pour de multiples raisons. Obtenir des esclaves dévoués et prêtes à se sacrifier pour vous (enfin, en principe, mais il faut toujours se méfier des petites lignes en bas du contrat, ou des effets indésirables non imaginés au départ) : et voici l’Homo pupa, aussi appelé « Fantoche » (j’ai eu du mal avec ce terme, trop connoté pour moi). Créer un groupe capable de vivre sous des pressions marines phénoménales : et voilà l’Homo eridanus, surnommé Bâtard, et au langage fleuri à un point jouissif (ou agaçant, selon) et au doux parfum québécois (l’auteur est canadien). Enfin, inventer un être capable d’effectuer des calculs d’une puissance inégalée, en maniant les concepts quantiques : arrive l’Homo quantus, dont Belisarius Arjona est un représentant un peu particulier. En effet, il a quitté la réserve où l’on place ces êtres peu adaptés au monde extérieur, intéressés uniquement par la connaissance.

Et il s’est trouvé, pour éviter la folie, une occupation à plein temps : les arnaques à la Ocean’s (vous savez, les films avec Georges Clooney, Brad Pitt et matt Damon, entre autres). Il a une couverture : propriétaire d’une galerie d’art fantoche. Et il monte des coups, avec des figurants, comme dans les bonnes vieilles arnaques, popularisées entre autres par un autre film, plus ancien celui-là, L’Arnaque, de George Roy Hill, qui date de 1973 et met en scène Paul Newman et Robert Redford. Même principe : on imagine un plan, avec des coups par la bande, des mensonges, des trahisons, des surprises. Mais pas nécessairement avec le même résultat.

Un faux rythme

En effet, j’ai eu du mal à entrer dans ce roman, tant le rythme m’a paru irrégulier. Entamer un récit de SF demande toujours un effort, plus ou moins violent, et cela ne me rebute pas (par exemple, la lecture de Périphériques de William Gibson demande de la patience, puisqu’il faut attendre une centaine de pages avant de vraiment pouvoir être dans l’histoire). Mais là, la mise en place des personnages et du décor, la découverte des Fantoches (je sais, je fais un blocage dessus, cela nécessite sans doute un passage chez un psy, mais en attendant, cela m’a bien gêné) et de leurs particularités ont été laborieuses pour moi. Ensuite, par contre, cela a glissé tout seul. Même si je n’ai pas tout compris quand Belisarius part dans ses fugues et autres calculs aux termes trop obscurs pour l’ancien élève de classe littéraire et au bagage scientifique trop maigre. Mais cela n’enlève rien, par contre, au récit ? Au contraire, cela le parsème de cette magie accolée au personnage central.

Central, car c’est lui qui accepte la mission réputée impossible de permettre à une flotte de traverser un trou de ver contrôlé par des ennemis. Central, car c’est lui qui réunit une troupe de personnages aux compétences et aux caractères bariolés, entiers, étranges et donc attachants. Central, car c’est lui qui mène l’action, même si elle semble lui échapper à certains moments et si on se demande si et comment il va retomber sur ces pieds. Central, car sa particularité est telle qu’il ne peut que fasciner le lecteur (en tout cas, moi, il m’a impressionné).

À tel point que j’attends, malgré mes réserves, la parution de Quantum Garden, suite directe du Magicien quantique et déjà acquis par Albin Michel Imaginaire, avec une certaine impatience (c’est prévu pour début 2022). Car il n’est pas donné à tout le monde de pénétrer l’esprit d’un arnaqueur quantique.

Présentation de l’éditeur : Belisarius Arjona est un homme quantique. Ses pairs ont été créés pour pousser les capacités cognitives de l’humain à un niveau extrême. En fugue quantique, Belisarius est capable de transformer la probabilité en réalité. Toujours sur le fil, de par sa nature-même, il a trouvé un équilibre précaire en tant qu’escroc. Et quand un client lui offre une immense richesse pour déplacer une flotte de vaisseaux de guerre à travers un trou de ver ennemi, Belisarius accepte la mission et se met en quête d’un équipage composé de post-humains comme lui, mais aussi d’une Intelligence Artificielle surpuissante répondant au doux nom de saint Mathieu. Réussiront-ils leur mission, au risque de déclencher une guerre interstellaire ?

Albin Michel Imaginaire – 26 février 2020 (roman traduit de l’anglais [Canada] par Gilles Goulet– 489 pages – 22,90 euros)

Merci aux éditions Albin Michel Imaginaire pour ce SP.

D’autres lectures : Boojum, Chut maman lit, Les carnets dystopiques, Le Bibliocosme, La Yozone, Le chien critique, Celinedanaë, Les pipelettes en parlent, Yogo, Tachan, Xapur, Yossarian, Un bouquin sinon rien, Encre noire, Le Chroniqueur, Acaniel, Stéphanie (Outre livres), Artemus Dada, Apophis (V.O.), FeydRautha,

3 commentaires sur “Le Magicien quantique, Derek KÜNSKEN

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