La dernière arche, Romain BENASSAYA

Trois ans après Pyramides, Romain Benassaya nous replonge dans ce labyrinthe mystérieux, dont on ignore la taille, la forme, les créateurs et, surtout, le but. Mais cette vaste réserve d’êtres issus de peuples extraterrestres nombreux et aussi impuissants les uns que les autres n’est pas, dans La dernière arche, le centre de l’histoire. On y suit Shory, jeune esclave issue de l’ancienne Mésopotamie. Elle est libérée par un mystérieux homme, Atim, qui lui confie une mission d’importance vitale : défendre le Fort, rempart contre un ennemi sans nom.

Les Vigiles

Shory n’est pas seule à défendre l’humanité. Ils sont soixante-dix, arrivés de lieux et d’époques totalement différentes. Jeunes et perdus dans leur pays d’origine, ils sont tous convaincus de leur rôle et de sa nécessité. Atim les a, la plupart du temps, sauvés d’un sort peu enviable. Ils sont donc dévoués corps et âme à leur mission. Et il vaut mieux, car elle n’est pas simple. Le Fort est perdu au milieu d’une zone hostile, entourée d’une végétation et d’une faune étranges et extrêmement dangereuses. Le tout, cerné par des marais envahis d’une brume dense et lourde de menaces.

Un ordre établi qui va voler en éclat

Mais arrive Lena 71. Et là, tout va changer. D’abord, elle est plus âgée que les autres à leur arrivée. Ensuite, elle n’a pas été envoyée par Atim, mais une femme blonde. Enfin, elle n’a jamais entendu parlé de la mission ni du Fort. Et elle n’a qu’une idée : repartir sauver sa fille malade. Shory, qui ressentait l’appel du large, va la suivre. Elles vont quitter leur monde clos et découvrir d’autres bulles où la vie s’est développée, toujours humaine, mais bien différente. Et peu à peu, elles vont découvrir l’envers du décor.

Pyramides certes, mais beaucoup de Velloa

La dernière arche a beau se dérouler dans l’univers de Pyramides, son histoire rappelle beaucoup le dernier roman de Romain Benassaya, Les Naufragés de Velloa. Le parcours de jeunes gens à travers divers paysages, confrontés à la violence de la nature, puis à celle des autres humains, souvent retors, souvent trop tournés vers le pouvoir. En tout cas, pour la première grande partie du roman. Car, sur la fin, on replonge nettement dans l’univers de Pyramides (arrivée préparée par le prologue et des interludes qui trouvent leur explication dans cette dernière partie). Et on pense obtenir quelques réponses (je rappelle qu’à la fin de Pyramides, on ne sait pas grand-chose sur l’origine du labyrinthe). Mais Romain Benassaya conserve une grande part de mystère. Car les énigmes s’emboîtent comme des poupées russes : on pense découvrir la réponse et c’est une nouvelle question qui apparaît finalement. Bref, on ressort autant dans le flou de cette lecture que de celle du précédent opus.

Mais de bien belles aventures

Mais la lecture de La dernière arche ne doit pas se limiter à cette (légère) déception : ce roman nous fait découvrir une héroïne attachante (eh oui, j’aime bien les personnages auxquels je peux m’attacher, dont je peux apprécier les réactions, avec qui je peux vibrer), même si elle reste parfois agaçante, tant elle se montre impulsive et irréfléchie. Un peu jeune, en fait. Ce qui fait avancer l’histoire, mais lui joue bien des tours. Et Romain Benassaya s’y entend pour nous promener à travers sa création, nous entraînant d’un univers à un autre, d’un danger à un autre. L’ensemble, s’il peut sembler assez disparate, vu du dessus, s’avère agréable dans sa lecture. Et, à part quelques flottements dans les passages entre les différents lieux, le rythme est plutôt efficace et l’on tourne les pages sans s’en rendre compte.

J’ai bien apprécié ma lecture de La dernière arche. Ce roman d’aventures est bien construit et sait offrir suffisamment de diversité pour ne pas lasser. De plus, le rappel des évènements de Pyramides, un autre récit qui m’avait bien plu, est agréable et j’espère que Romain Benassaya nous conduira à nouveau dans ce labyrinthe et que, pourquoi pas, il nous offrira de vraies réponses sur son origine. En attendant, j’ai pris un grand plaisir à suivre Shory dans ses pérégrinations et ses interrogations à travers les couloirs de cette dernière arche.

Présentation de l’éditeur : « Nous avons cru que rien dans l’univers ne pouvait nous résister ou s’opposer à notre volonté. Nous nous sommes trompés. » Dans la Mésopotamie des premiers âges, Shory, une jeune esclave, est vendue à un mystérieux individu nommé Atim, qui lui propose un marché : l’envoyer dans un fort qu’elle devra protéger, en échange de sa liberté. Elle accepte et rejoint une étrange construction, entourée d’une forêt profonde. Elle y grandit en compagnie d’autres rescapés, originaires de différentes périodes de l’histoire humaine. Tous ont rencontré Atim et se sont vu confier la mission de protéger le Fort. Ils se surnomment les Vigiles. Quatorze ans plus tard, Lena, une jeune femme originaire du XXIIe siècle, rejoint à son tour le Fort. Contrairement aux autres Vigiles, elle n’a pas croisé Atim et veut à tout prix rentrer chez elle. Shory décide de l’aider. Au-delà de la forêt qui assiège le Fort, elles découvriront les réponses à nombre de leurs questions : où sont-elles vraiment ? Pourquoi le Fort doit-il être protégé ? Et quelle est leur véritable mission ?

Critic – 22 avril 2021 (roman inédit – 373 pages – 22 euros)

Merci aux éditions Critic pour ce SP.

D’autres lectures : Yogo, Lorkhan, Gepe, Lune,

2 commentaires sur “La dernière arche, Romain BENASSAYA

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