La Dernière Emperox [L’Interdépendance 3], John SCALZI

Ainsi s’achève la trilogie de l’Interdépendance. Et pour pulser, ça pulse. D’accord, au début, l’auteur traîne un peu : un chapitre par personnage principal, histoire de nous remettre dans le bain. Mais, il a de l’expérience le bougre, ça passe comme une lettre à la poste (et, effectivement, même si le tome précédent est assez récent, cela m’a permis de reprendre conscience des bases du scénario, voire de quelques détails). Et quand les protagonistes sont remis en place, à l’attaque !

John Scalzi au Phoenix Comic Fest de 2018 à Phoenix, Arizona.
Par Gage Skidmore, CC BY-SA 3.0
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=69515865

Car le rythme est endiablé jusqu’au bout : et je te trahis, et je te piège et je t’arnaque. Et je te tue (ça arrive). Car ce n’est décidément pas l’honnêteté ni les scrupules qui étouffent nos héroïnes (rappelons-le, ce sont des femmes qui tiennent les rênes du pouvoir). Elles veulent le pouvoir ou l’argent. Ou les deux. Sauf peut-être l’Emperox, Griselda, qui a un but plus noble : sauver la population mondiale de la catastrophe annoncée. Et elles sont prêtes à tout pour : 1. survivre à la chute du Flux ; 2. empocher le plus d’argent dans l’histoire (en possédant les vaisseaux, en vendant des droits de passage, etc.) ; 3. parvenir au pouvoir (Nadashe Nohamapetan – quel nom ! – se verrait bien emperox, par exemple). C’est donc bien un feu d’artifice auquel nous convie John Scalzi. Et moi, j’ai adoré.

J’ai adoré parce que l’histoire tient la route. Parce que le rythme ne donne qu’une envie : tourner les pages sans cesse. Parce que l’auteur use de l’humour, parfois avec grossièreté (surtout quand Kiva Lagos parle), comme j’aime (ce n’est pas toujours léger, mais certaines répliques méritent d’être lues à haute voix). Parce que certains personnages particulièrement détestables s’en prennent plein la tête (et ça fait du bien). Parce que je n’ai pas vu toute la fin dès le début (j’avais bien imaginé quelques étapes du dénouement, mais j’ai quand même été surpris). Parce que l’auteur sait utiliser la science avec parcimonie : juste ce qu’il faut pour donner un vernis correct, mais pas trop pour ne pas me perdre (je n’ai pas de formation solide en sciences dures).

Je suis donc ravi de la lecture de La Dernière emperox, et, évidemment, en même temps un peu déçu de voir s’éloigner ce monde de l’Interdépendance que j’avais appris à apprécier.

Présentation de l’éditeur : L’heure n’est plus au déni : c’est bel et bien la fin. Les courants du Flux s’effondrent les uns après les autres ; l’image de l’avenir, c’est celle de communautés humaines contraintes à l’isolement, à la déchéance et à la mort, puisqu’il n’y a dans l’empire qu’une seule planète habitable en surface. Que faire devant la catastrophe annoncée ? Sauver sa précieuse peau en marchant sur les autres au besoin, s’emparer de la planète habitable en question et se remplir les poches au passage. Tel est l’objectif de nombre de puissants des grandes maisons marchandes ; les « élites », quoi. À leur tête, l’ignoble Nadashe Nohamapetan. En face de ceux-là, l’emperox Griselda et quelques fidèles, parmi lesquels son physicien d’amant, qui se creuse la cervelle pour comprendre la logique du Flux et proposer des pistes permettant de sauver l’ensemble des populations de l’Interdépendance, ou encore la pittoresque Kiva Lagos, jamais en manque de blasphèmes ni de manigances. Mais ne faudra-t-il pas beaucoup plus pour soustraire la souveraine à un énième attentat voire une destitution ? Qui sera la dernière emperox ? De surprise en rebondissement, avec verve et non sans humour, La Dernière Emperox clôt la trilogie de « L’Interdépendance ».

L’Atalante, coll. « La Dentelle du Cygne » – 25 février 2021 (roman traduit de l’anglais [U.S.A.] par Mikael Cabon, titre original : The Last Emperox (2020)312 pages – 21,90 euros)

D’autres avis : Ombre Bones, ActuSF, Le Maki, Feyd Rautha, Gromovar, Au pays des caves trolls, De l’autre côté des livres, Anudar, Lutin,

4 commentaires sur “La Dernière Emperox [L’Interdépendance 3], John SCALZI

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