La crue [Blackwater. 1], Michael McDOWELL

Précédée d’un bouche à oreille extrêmement favorable, la saga Blackwater, parue originellement aux États-Unis durant la première moitié de l’année 1983, arrive enfin (près de quarante ans, quand même !) en France. Et sous le même format feuilletonnant que lors de sa parution originale : d’avril à juin, les six tomes qui la composent viendront s’installer sur les tables des libraires.

C’est quoi, cette saga ?

Blackwater, ce sont six romans assez courts qui mettent en scène une famille, les Caskey, et une petite ville, Perdido, traversée par la rivière Perdido et son affluent Blackwater. Pendant une crue qui ravage toute la cité et met en péril sa survie, apparaît une femme. Elle est découverte dans une chambre d’hôtel où elle aurait trouvé refuge. Mais ses explications ne sont pas claires et il est difficile de concevoir comment elle a pu rester si longtemps seule, dans un si bon état de santé, sans se sustenter. Cependant, les Caskey, une des familles les plus puissantes et importantes de Perdido, l’accueillent. Enfin, pas tous, car à son sujet comme à d’autres, les avis ne sont pas unanimes. Peu à peu, Elinor (c’est son prénom) va faire sa place dans cette famille et dans la petite ville. En devenant institutrice (la précédente a, de façon bien pratique, quitté son poste juste au bon moment) et en gagnant le cœur d’un Caskey. Cependant, sa venue modifie les équilibres qui régnaient dans cette famille. La guerre est déclarée. Mais il faut se méfier de cette femme sortie d’on ne sait où et qui semble posséder un lien très fort avec l’eau qui serpente dans la ville.

Des clichés en veux-tu en voilà

Malgré toutes les louanges lues à droite à gauche, je ne suis pas du tout rentré dans cette lecture. Il faut dire que les grandes sagas familiales à base de haines et de jalousies m’ont souvent lassé plus qu’attiré. Et là, ce n’est que cela. Les femmes de la famille sont pour beaucoup des pestes qui passent leur temps à se haïr, dire du mal des autres, tenter d’agrandir leur pouvoir. Car si, en cette année 1919, ce sont officiellement les hommes qui tiennent les rênes de la société, dans les faits (et comme il nous l’est dit plusieurs fois, des fois que l’on n’ait pas compris), ce sont les femmes qui prennent les décisions et font les choix cruciaux.

De plus, comme nous sommes au début du XXe siècle dans une petit bourgade des États-Unis, on a droit à toute la hiérarchie des riches propriétaires et des plus pauvres citoyens, des noirs et des blancs. Normal, me direz-vous. D’autant que j’apprécie le tableau de cette société dans d’autres ouvrages. Mais là, j’ai trouvé que tout était trop caricatural, bourré de stéréotypes qui m’ont rapidement lassé. Alors on peut dire que c’est de la littérature populaire. Soit, mais j’en connais de meilleure qualité à mon goût.

Une intrigue qui prend son temps

Comme je n’étais pas sensible à l’ambiance, j’ai trouvé que les pions mettaient du temps à se placer sur l’échiquier et, qu’entre les coups, pas mal de pages s’écoulaient. Donc, je me suis un peu ennuyé. Rien de dramatique, sinon, je ne serais pas allé au bout, mais heureusement que le roman était assez court. Sans cela, je l’aurais sans doute reposé sur mes étagères en attendant un meilleur moment. L’intrigue avance tout de même, légèrement inquiétante, mais pas assez pour maintenir mon intérêt. La plupart des mouvements sont préparés en avance, donc prévisibles et ne surprennent pas vraiment. Mais j’imagine que, si j’avais été plus dans le livre, j’en aurais profité davantage.

Je m’arrête là car mon but n’est pas d’étriller un livre. Surtout que, comme il semble avoir plu à beaucoup de lecteurs, il a sans doute des qualités. Qui ne m’ont pas touché, hélas ! Je m’étais donné pour règle, en écrivant sur ce blog, de parler de tous les récits que j’avais lus, même ceux que je n’avais pas aimés. La plupart du temps, quand je n’apprécie vraiment pas, j’arrête. D’où le peu de critiques négatives. C’est tombé sur celui-ci, j’en suis désolé. Ce n’est que mon avis. Et je tenterai peut-être, tout de même, la lecture du deuxième tome, histoire de laisser une chance à cette saga Blackwater.

Présentation de l’éditeur : Pâques 1919, alors que les flots menaçant Perdido submergent cette petite ville du nord de l’Alabama, un clan de riches propriétaires terriens, les Caskey, doivent faire face aux avaries de leurs scieries, à la perte de leur bois et aux incalculables dégâts provoqués par l’implacable crue de la rivière Blackwater. Menés par Mary-Love, la puissante matriarche aux mille tours, et par Oscar, son fils dévoué, les Caskey s’apprêtent à se relever… mais c’est sans compter l’arrivée, aussi soudaine que mystérieuse, d’une séduisante étrangère, Elinor Dammert, jeune femme au passé trouble, dont le seul dessein semble être de vouloir conquérir sa place parmi les Caskey. Au-delà des manipulations et des rebondissements, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de livres, réussit avec Blackwater à bâtir une saga en six romans aussi addictive qu’une série Netflix, baignée d’une atmosphère unique et fascinante digne de Stephen King.

Monsieur Toussaint Louverture – 7 avril 2022 (roman inédit traduit de l’anglais [États-Unis] par Yoko Lacour avec la participation de Hélène Charrier – The Flood (1983) – Illustration : Pedro Oyarbide – 260 pages – 8,40 euros)

D’autres lectures : Tigger Lily (Le Dragon galactique), Les Chroniques de Feygirl,


15 réflexions sur “La crue [Blackwater. 1], Michael McDOWELL

      1. Merci pour le nom de l’auteur : ça m’apprendra à vouloir finir trop vite !

        Quant à la lecture du tome 2, ce n’est pas encore fait, hein ! Mais je me dis que j’ai peut-être loupé quelque chose.

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  1. Ca a un côté « rassurant » d’avoir un avis contraire à « la foule ». D’ailleurs, j’ai du mal à être tentée par cette série-feuilleton, et la hype autour de cette dernière est quelque peu… rebutante (pour moi hein).

    Par contre, je crois qu’il y a un petit soucis d’auteur dans le titre de ton article 😉

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    1. J’avoue que comme toi, j’hésitais un peu : cela explique peut-être en partie mon ressenti. J’ai du mal avec les grands mouvements de foule. Peut-être un peu de snobisme…

      Quant au nom de l’auteur : merci beaucoup. Honte à moi !

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  2. Ah tiens, je crois que c’est le premier avis mitigé que je lis de cette série ! Ton retour est d’ailleurs très intéressant.
    Et sinon, je suis comme Elwyn : trop de hype autour de cette nouveauté, et en plus je ne suis pas très fan des séries. Et vu ce que tu pointes, je pense que je peux passer mon tour sans trop de scrupules, je ne suis pas sûre que ça me plaise.
    Merci pour ton avis différent 🙂

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    1. Mais je t’en prie.
      Je suis presque gêné de n’avoir pas, comme les autres, apprécié cet ouvrage et j’ai l’impression d’être passé à côté. Mais je me console avec d’autres lectures qui me correspondent davantage.
      Merci pour ton passage.

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  3. Ha ben mince, je suis désolée que tu n’aies pas réussi à entrer dans l’histoire ! C’est vrai que c’est surtout centré sur les petites intrigues individuelles, mais j’ai justement trouvé que ça ne faisait que mettre davantage en lumière le mystère d’Elinor… Comme tu le dis, il vaut mieux se concentrer sur des lectures qui nous font vraiment plaisir ! J’espère d’ailleurs que les prochaines t’emporteront davantage 🙂

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    1. Oui, je l’espère aussi et remercie pour ton soutien 🙂.
      Quant au mystère que représente Elinor, il me parait tellement banal, déjà vu ailleurs que, puisque je n’ai pas accroché au reste de l’histoire, je ne suis pas parvenu à m’y intéresser. Dommage, dommage…
      Je te souhaite, de ton côté, de profiter au maximum de la suite de cette saga (si tu n’en as pas encore terminé la lecture en V.O.).

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