La Fin des étiages, Gauthier GUILLEMIN

Rivages – Tome 2
Albin Michel, « Imaginaire » – 1er juillet 2020 (304 pages –19,90 euros)

Présentation de l’éditeur : On l’appelle le Voyageur. Il a quitté le village de son épouse, Sylve, pour honorer une dette ancienne, pour retrouver les mers et les océans depuis trop longtemps perdus. Et il a disparu. A-t-il été capturé ou tué par les Fomoires, s’est-il égaré, continue-t-il son voyage vers les rivages ? Au village, nul ne le sait. Neuf mois après le départ de l’homme qu’elle aime, trop inquiète pour rester sans rien faire, Sylve décide de partir à sa recherche, d’affronter une forêt où les merveilles se disputent aux dangers.

La Fin des étiages est la suite de Rivages. Le récit nous emmène encore plus profondément dans le Dômaine et nous fait découvrir la capitale des Nardenyllais. Là, commence à réapparaître une technologie qu’il aurait sans doute mieux valu laisser dans l’oubli.

Mon avis : Retour du Voyageur, mais surtout de Sylve, son épouse, lassée de l’attendre. Quel joie de les retrouver. Quand j’avais entamé le premier tome, Rivages, j’étais hésitant et me demandait où cela allait me mener. Et j’avais été happé par l’errance du voyageur, ce rythme lent et contemplatif qui donnait envie d’aller en pleine nature et de l’observer. Et, au début de La Fin des étiages, on le retrouve, ce rythme. On reprend goût à ces lieux fantastiques où l’on aimerait se perdre. On redécouvre les personnages attachants du premier volume, avec leurs doutes et, surtout, leurs envies, contagieuses. Je me suis donc glissé dans les premières pages de ce roman comme dans un vieux vêtement agréable, plusieurs fois portés, mais capable, encore, d’étonner.

Et quand le rythme s’est accéléré, que la fin s’est annoncé, d’assez loin, je n’ai ressenti aucune gêne, aucune frustration. Tout est amené avec naturel : les intérêts de chaque peuple, de chaque groupe, se mettent en place sans heurt, portés par l’émerveillement (ou la crainte) de celui que l’auteur a choisi pour nous servir de guide. Quentil, par exemple, qui prenait de l’importance à la fin du précédent ouvrage, est un protagoniste de premier-plan ici. C’est lui qui nous fait découvrir la menace mécanique qui hante de roman. Car une fois de plus, l’auteur se place du côté de la nature face à une mécanisation, une industrialisation vues comme des dangers, tant elles prennent sans donner, elles détruisent sans construire derrière. D’aucuns pourront juger ce message simpliste et trop démagogique.

Mais La Fin des étiages n’est pas un roman écologiste militant. C’est une vision, belle, d’un monde où les habitants, divers et variés, ont pris leur place dans une nature qui ne se se laisse pas faire. La technologie n’y est pas utile quand on a la connaissance et l’entraide (avec un peu de magie, il est vrai). Ce n’est pas une histoire qui donne nécessairement envie d’abandonner notre mode de vie actuel et de courir nu sous la pluie. Ce n’est pas le propos. C’est, je le répète, une belle histoire, racontée avec délicatesse. Et certains passages m’ont vu le regard dans le vide, imprégné par ces paysages magiques, ces moments de grâce pour lesquels je remercie l’auteur. Certes, le scénario, surtout sur la fin, était facile à imaginer, mais pas décevant, car il coulait de source et ne cherchait pas à surprendre. Juste à entraîner.

J’ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture, pour son climat, son imaginaire. J’ai aimé visiter à nouveau le Dômaine et j’y retournerai sans doute, parfois, en rêve.

D’autres lectures : Zoé prend la plume,


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