Le Parthénon, Mary BEARD

Présentation de l’éditeur : Vingt-cinq siècles après s’être dressé sur les hauteurs d’Athènes, le Parthénon reste l’une des merveilles du monde, et ses origines, ses étranges revers de fortune, qui jalonnent plus de deux millénaires, demeurent une source perpétuelle de curiosité, de controverse et d’intrigues. Grâce à Mary Beard, la grande helléniste et historienne de l’Antiquité, nous remontons au Ve siècle avant Jésus-Christ afin de contempler le Parthénon sous son aspect d’origine – celui du temple phare de l’Athènes impériale, abritant une colossale statue en or et en ivoire de la déesse tutélaire de la cité. Transformé en cathédrale de « Notre Dame d’Athènes » au XIIIe siècle, avant de devenir en 1456 « la plus belle mosquée du monde », le Parthénon est aujourd’hui une ruine, un symbole et une source d’inspiration. Mary Beard raconte également les vives querelles qui continuent d’entourer les « marbres d’Elgin », ces sculptures abritées depuis 1802 au British Museum. Son livre nous invite à une exploration incomparable de la merveilleuse histoire de ce monument, gloire de l’Acropole, et de ce qu’il incarne à notre époque.

Mon avis : Pour ceux qui ne connaissent pas Mary Beard, c’est une professeure d’histoire antique anglo-saxonne, qui s’est spécialisée depuis des années dans la vulgarisation. Elle a publié plusieurs livres traitant de l’Antiquité de façon très abordable pour des non-spécialistes. Après Le Colisée, paru en France en 2019, Le Parthénon est dans cette lignée : il présente un monument extrêmement célèbre, balayant toute son histoire, depuis sa création jusqu’à notre époque.

Par UC3M (youtube) — Entrevista a Mary Beard, Doctora Honoris Causa UC3M
(at 1min 14s), CC BY 3.0
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=72904860

Et l’histoire de ce temple athénien a de quoi séduire : que de retournements de situation ! Que de changements dans son architecture et sa destination : temple grec, basilique chrétienne, mosquée musulmane, réserve de poudre,… Avec brio et efficacité, Mary Beard dresse un tableau complet et chronologique de la vie d’un des temples les plus célèbres au monde. Elle évoque chaque étape de façon claire et imagée, trouvant quelques anecdotes pour marquer les esprits. Mais sans céder à la facilité ou à l’imprécision. Elle donne les dates essentielles, raconte les évènements significatifs. Elle met en scène certains personnages qui se sont offerts comme protecteurs du monument. D’autres comme simples utilisateurs. D’autres enfin comme charognards. Elle n’hésite d’ailleurs pas évoquer longuement le transfert des métopes du Parthénon en Angleterre par Lord Elgin. Sculptures qui se trouvent actuellement au British Museum, dans une galerie spécialement construite pour l’occasion, la Duveen Gallery. Tandis qu’à Athènes, dans le nouveau musée construit au pied de l’Acropole (Mary Beard évoque dans son ouvrage les tracas rencontrés pour la naissance de ce bâtiment), des moulages de ces métopes mettent en lumière leur absence. Considérée comme un vol par de nombreux Grecs. Occasion de passes d’armes régulières et mémorables entre défenseurs des deux camps.

Par Steve Swayne — File:O Partenon de Atenas.jpg, originally posted to Flickr as The Parthenon Athens, CC BY 2.0
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17065839

Le Parthénon est richement illustré. Enfin, richement, en nombre et en qualité de photographies. Mais celles-ci restent en noir et blanc. N’en demandons pas trop : ainsi, le livre reste à un prix raisonnable (20,90 €). Et cela suffit à illustre le propos de l’autrice, d’autant que, comme je l’ai écrit juste avant, les images sont, dans l’ensemble, de belle qualité, très nettes et riches en détails. J’y ai découvert avec étonnement et émotion la première photographie du Parthénon, qui date de 1839 et montre le monument dans un état de délabrement impressionnant : coupé en deux (les Vénitiens avaient bien visé), avec de surcroît une petite mosquée sise entre les deux. Et des monceaux de pierres tout autour. Un spectacle bien différent de celui qui nous est offert maintenant, résultat de décennies de transformations aux gré des idées et des modes des différents « propriétaires » de cette partie du monde.

Pour finir, une petite incompréhension de ma part. Je ne sais si cela est dû à Mary Beard elle-même ou à son traducteur français, Johan-Frédérik Hel Guedj, mais la notation des années avant Jésus-Christ fluctue selon les pages : « avant Jésus-Christ », mais aussi « avant notre ère », et, moins banal, « avant le Christ ». Pourquoi ces différences ? Pour ne fâcher personne et contenter tout le monde ? J’avoue être incapable de l’expliquer. Et je n’en vois pas bien l’intérêt. Autant se tenir à un choix pour tout un ouvrage. Mais cela reste accessoire…

Par Davide Mauro — Travail personnel, CC BY-SA 4.0
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=68707028

Car lire Le Parthénon est un plaisir. D’autant plus grand en ces temps de voyage intérieur plus que physique. Cela permet de se projeter des siècles en arrière ; de comprendre comment on en est arrivé à l’aspect quasi rutilant d’un monument visité et admiré par tant de touristes ; de s’apercevoir que ce que nous découvrons aujourd’hui n’est qu’un petit aspect d’une histoire d’une richesse phénoménale, aux revirements si nombreux ; de rêver, enfin, du jour où l’on pourra voir de ses propres yeux ce vestige d’une période fantasmée par de nombreuses personnes.

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