Broadway, Fabrice CARO

Présentation de l’éditeur : La vie n’est pas une comédie musicale.

Une femme et deux enfants, un emploi, une maison dans un lotissement où s’organisent des barbecues sympas comme tout et des amis qui vous emmènent faire du paddle à Biarritz… Axel pourrait être heureux, mais fait le constat, à 46 ans, que rien ne ressemble jamais à ce qu’on avait espéré. Quand il reçoit un courrier suspect de l’Assurance maladie, le désenchantement tourne à l’angoisse. Et s’il était temps pour lui de tout quitter ? De vivre enfin dans une comédie musicale de Broadway ?

Après Le Discours, Fabrice Caro confirme son talent unique de prince de l’humour absurde et mélancolique.

Mon avis : Dans ce troisième roman, après Figurec et Le discours, Fabrice Caro poursuit son exploration amusée et mélancolique de l’esprit humain. Cela paraît grandiloquent, mais ces textes sont un merveilleux témoignage des inquiétudes et des errements d’un homme proche de la cinquantaine (quarante-six ans, hein, pas cinquante : d’ailleurs, c’est le point de départ du roman, puisque le narrateur, Axel, reçoit une demande d’examen colorectal quatre ans avant l’âge prévu). On le voit, complètement inadapté à la vie en société, incapable de prendre la moindre décision sans imaginer le pire, incapable de faire le moindre choix sans le regretter immédiatement. Axel est paniqué devant sa fille qui vient de se faire plaquer ; il est incapable de réagir quand son fils est puni pour avoir dessiné deux de ses professeurs en plein ébat sexuel ; il est terrorisé à l’idée de devoir inviter ses voisins pour le traditionnel apéro trimestriel. Bref, il se pose trop de questions et ne peut prendre la vie comme elle vient. Un problème très répandu : on trouve des millions d’Axel de par le monde. Moi-même…

Fabrice Caro procède, dans Broadway, comme dans les précédents opus : chaque court chapitre évoque un nouveau problème, une nouvelle thématique, une nouvelle inquiétude. Sans lien apparent, du moins au début, avec les autres. D’ailleurs, j’ai eu un peu plus de mal à rentrer dans ce roman que dans les autres, sans doute à cause du côté davantage décousu du démarrage. Mais rapidement, les wagons ont été raccrochés et je me suis laissé embarquer avec joie (et un peu d’angoisse) dans les tergiversations d’Axel. Et, surtout, dans ses rêves. Sa façon d’échapper à un réel trop dur à supporter (pourtant, quand on y pense, de quoi peut-il se plaindre ?) consiste à s’inventer une vie fantasmée : partir sur un coup de tête, au Mexique ou dans un pays d’Amérique centrale ou d’Amérique du Sud, boire des cafés et de l’alcool à des terrasses animées, entouré de gamins jouant au foot ou de la racaille locale, être un caïd qui ne craint rien et sauve les demoiselles en détresse.

Sous un ton volontairement amusé et distancié, Fabrice Caro touche juste. Dans un récit plaisant, qui fait souvent sourire, il glisse un grand nombre d’observations lucides sur les comportements, les inquiétudes qui peuvent envahir notre quotidien. Souvent, je me suis dit que cela me rappelait moi, ma famille, mes amis. Et toujours avec une certaine nonchalance. Toujours avec un humour détaché. Un bon moment de lecture, vraiment.

Ce livre a été lu dans le cadre d’une Masse critique Babelio. Que l’équipe de Babelio en soit remerciée, ainsi que l’éditeur, Sygne-Gallimard.


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